BDESE : ce que la direction doit mettre à disposition du CSE
La base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE) est l'outil d'information principal du CSE. Elle rassemble les données de l'entreprise sur lesquelles s'appuient les consultations : emploi, rémunérations, investissements, situation financière, environnement.
Une BDESE incomplète prive les élu·e·s de leurs moyens d'analyse. Voici ce qu'elle doit contenir et comment l'exploiter.
Qu'est-ce que la BDESE ?
La BDESE rassemble l'ensemble des informations nécessaires aux consultations récurrentes du CSE (article L2312-18). Elle s'appelait BDES jusqu'à la loi Climat et résilience du 22 août 2021, qui y a ajouté un volet environnemental.
Elle est obligatoire dans toutes les entreprises d'au moins 50 salarié·e·s. Elle est mise à disposition des membres du CSE, du CSE central le cas échéant, et des délégué·e·s syndicaux.
Que doit-elle contenir ?
Un accord d'entreprise peut définir l'organisation, l'architecture et le contenu de la BDESE (article L2312-21). Il doit au minimum couvrir les thèmes suivants :
- l'investissement social, matériel et immatériel ;
- l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
- les fonds propres, l'endettement et les impôts ;
- la rémunération des salarié·e·s et des dirigeant·e·s ;
- les activités sociales et culturelles ;
- la rémunération des financeurs ;
- les flux financiers à destination de l'entreprise ;
- les conséquences environnementales de l'activité de l'entreprise.
À défaut d'accord, le contenu est fixé en détail par le Code du travail, avec deux listes différentes selon que l'entreprise compte moins de 300 salarié·e·s (article R2312-8) ou au moins 300 (article R2312-9). Les dispositions supplétives ajoutent notamment les partenariats et les transferts entre les entités d'un groupe.
Sur quelle période ?
À défaut d'accord, les informations portent sur l'année en cours, les deux années précédentes et, sous forme de grandes tendances, les trois années suivantes. Ces perspectives sont précieuses : elles permettent d'interroger la direction sur ses projets, et pas seulement sur le passé.
La BDESE doit être régulièrement mise à jour, et l'employeur doit informer les élu·e·s de ces mises à jour.
Les informations sont-elles confidentielles ?
Les membres du CSE sont tenus à une obligation de discrétion à l'égard des informations présentées comme confidentielles par l'employeur (article L2315-3). Cette confidentialité doit être justifiée et limitée à ce qui le nécessite réellement : elle ne peut pas couvrir l'ensemble de la base.
Que faire si la BDESE est absente ou incomplète ?
Une BDESE absente ou incomplète a des conséquences importantes :
- Le délai de consultation ne court pas normalement. Il démarre à la communication des informations ou à leur mise à disposition dans la BDESE. Les tribunaux ont jugé que, sans BDESE, le délai de consultation pouvait ne pas commencer à courir.
- Le CSE peut saisir le juge. S'il estime ne pas disposer d'éléments suffisants, il peut demander au président du tribunal judiciaire d'ordonner la communication des éléments manquants ; le juge statue dans un délai de 8 jours (article L2312-15).
- L'employeur s'expose à un délit d'entrave, puni d'une amende de 7 500 € (article L2317-1).
En pratique, commencez par une demande écrite et précise à la direction, en listant les informations manquantes, puis inscrivez le sujet à l'ordre du jour de la réunion suivante.
Cet article présente les règles générales du Code du travail à la date de sa mise à jour. Un accord d'entreprise peut prévoir des règles différentes. Il ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation : vérifiez les textes en vigueur sur legifrance.gouv.fr.
Comment exploiter la BDESE
La BDESE est souvent volumineuse. Pour en tirer des arguments, concentrez-vous sur les évolutions plutôt que sur les chiffres isolés :
Pour la consultation sur la situation économique et financière, le CSE peut se faire assister d'un expert-comptable dont les frais sont entièrement à la charge de l'employeur. Voir notre article sur les experts.